la dame de pic

Resto La Dame de Pic

or donc, propulsée notamment par ses pairs au firmament de la gastronomie mondiale, bardée d’étoiles, de talent et d’humilité, voici que madame pic ouvre, après ceux de valence (centre historique de la dynastie) et lausanne, un restaurant à paris. ce doit être votre jour de chance car je l’ai essayé pour vous…


première impression, rien à voir avec les deux enseignes précitées. ici on est dans un style bistrot classe. en entrant on longe les cuisines, plutôt étroites si l’on en juge par l’effectif, mais ouvertes sur la rue du louvre par une baie vitrée assez généreuse. la devanture est assez exiguë mais le restaurant surprend, une fois que l’on est entré, par sa profondeur. donner à voir les cuisines d’un bon restaurant vaut pas mal d’investissements publicitaires. malin. et en effet, les badauds s’arrêtent, s’attardent, commentent, prennent des photos.

à l’intérieur, lumière légèrement tamisée, petits carreaux rectangulaires blancs aux murs qui font penser au métro parisien, tables en bois et fauteuils en cuir, chandeliers-photophores en cristal et verres à eau dodus, eux aussi en cristal. les couteaux laguiole sont signés starck. les grands créateurs finissent toujours par se rencontrer.

on nous propose une table à proximité des cuisines. bonne idée, nous ne perdrons rien du spectacle, contrairement à valence et lausanne.

la carte, à présent. je ne sais si le concept est nouveau mais il est intéressant: aidé d’un nez, madame pic nous donne à choisir entre trois ambiances olfactives, à humer sur testeurs telles des eaux de parfums, chacune correspondant à un menu: terre épicée, agrumes aromatiques et printemps tardif. nous choisissons les deux premiers (v. détail plus bas).

sans être spectaculaire, le repas se révèle pourtant délicieux et parfaitement en ligne avec l’ambition du lieu: une cuisine raffinée et succulente (on a bien retrouvé la « patte pic »), mais d’une créativité « bistrot », c’est-à-dire un petit cran au-dessous de ce que nos yeux et nos palais avaient goûté, que dis-je dégusté, ailleurs.

comme nous sommes arrivés tôt, nous avons pu profiter de l’endroit dans le calme, avant que, un peu moins de deux heures plus tard, les parisiens affamés ne l’investissent bruyamment. n’importe, nous en sommes presque au café.

deux remarques: ce qui paraissait sympa au départ – la proximité (suscitant la curiosité) des cuisines – s’est révélé à la longue un peu fastidieux car le bruit a vite fini par influer sur la « qualité » du repas. deuxièmement, la brigade n’était pas assez discrète et parlait en cuisine sans prêter attention aux clients (j’ai entendu un « ça fait chier » de la part du maître d’hôtel). désolé monsieur, mais même si l’ambiance est bistrot, ces choses-là ne devraient pas se prononcer dans un restaurant de cet acabit.

mis à part ces deux petits désagréments, nous sortons rassasiés – mais pas gavés – et heureux. et tandis que la nuit s’emploie à poser son noir manteau sur le ciel de paris, nous partons à pied pour une autre dégustation, celle des prémices d’un été qui s’est fait attendre, dans les rues à peine encombrées de la capitale.

à refaire, définitivement, mais cette fois davantage au fond de la salle…

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la salle


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déco et coutellerie…

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le choix du menu sur des impressions olfactives…

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les menus

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le petit pois


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l’oeuf mollet


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la pièce de veau

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le baba au rhum