les cavaliers


deux soirs de suite s’est joué à onex un spectacle pas forcément tout public mais surprenant et en fin de compte passionnant…

… adaptée d’un roman d’aventure que joseph kessel écrivit en 1967 à l’issue de plusieurs voyages dans un afghanistan dont il était tombé amoureux, la pièce raconte le voyage initiatique du jeune ouroz, fils du sage et terrible toursène. quittant sa province en compagnie de son saïs (palefrenier) mokkhi, il part pour kaboul dans le but de participer, sur le dos de jehol, le cheval fou, au célèbre (mais violent) tournoi équestre de bouzkachi. s’il remporte ce tournoi (qu’aucun de ses ancêtres n’a perdu), il gagnera du même coup la reconnaissance de son père et deviendra le propriétaire du légendaire cheval jehol. le chemin d’ouroz sera bien sûr semé d’embûches…

acclamée, récompensée du molière 2016 de la meilleure pièce de théâtre privé, les cavaliers émerveille vite par son récit et l’énergique  conviction de ses trois comédiens – éric bouvron, benjamin penamaria et vanessa kryceve – qui interprètent plusieurs rôles. à la fois ponctuels et omniprésents, les bruitages et l’atmosphère musicale créés par le chanteur-musicien-bruiteur khalid k. envoûtent et invitent à eux seuls au voyage immobile, permettant d’entrer facilement et rapidement dans l’histoire. la mise en scène d’éric bouvron et d’anne bourgeois fonctionne à l’économie de moyens avec pour objectifs l’évocation – des tabourets pour figurer les chevaux, un rideau pour suggérer la sensualité d’une scène ou l’insoutenable d’une autre – et le recentrage sur l’essentiel, c’est-à-dire les personnages et l’histoire.

très simple mais très puissant. une bien belle surprise.