hedwig and the angry inch

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spectacle musical en production au belasco theater, écrit par john cameron mitchell et mis en musique par stephen trask. int. michael c. hall, lena hall, justin craig, matt duncan, tim mislock et peter yanowitz. 115′. jusqu’au 19 janvier. 4 pouces

le synopsis
en allemagne de l’est, luther, un soldat américain, tombe amoureux du jeune hansel, passionné de rock et de philosophie. il décide de l’épouser pour l’emmener avec lui à l’ouest. problème, ils doivent être homme et femme pour se marier…

… sa mère donne à hansel son nom et son passeport, et trouve un chirurgien afin que son fils change de sexe. mais l’opération est un désastre et ses organes génitaux sont mutilés, le chirurgien ne lui laissant que deux centimètres d’excroissance sur un vagin fermé (le “angry inch”du titre) et une cicatrice monstrueuse. cela fait, les deux époux partent vivre aux états-unis, mais un an plus tard, luther quitte hansel, devenu hedwig, pour un autre homme et le jour de la rupture coïncide avec la chute du mur de berlin. l’opération (et la mutilation) aurait donc pu être évitée. ce qui laisse à hedwig, qui a entre-temps monté son groupe de rock, un sacré goût d’amertume…

l’avis
un mot: wow! on connaissait michael c. hall pour ses rôles de david fisher (six pieds sous terre) et de dexter morgan (dexter), on savait que c’était un bon, voire un grand, mais ce qu’on a vu sur scène dépasse ce qu’on pouvait imaginer. il faut d’abord préciser que le spectacle est un quasi-one man show, car même si hall est entouré de cinq compères – quatre musiciens et le nouvel amant de hedwig, yitzhak, sorte de faire-valoir talentueux qui n’est pas celui qu’on croit (le final est d’ailleurs assez surprenant) -, c’est tout de même lui qui tient le crachoir pendant tout le spectacle, racontant – non sans humour – sa vie, son parcours, ses amours, son gâchis, le vol des chansons qu’il a écrites pour un amant – tommy gnosis – parti rencontrer la gloire à sa place, l’amertume et l’échec permanent qui le tenaillent jour après jour.

ainsi le spectacle oscille-t-il constamment entre stand-up et musical, entre concert et théâtre comico-pathétique. et hall d’investir littéralement l’espace scénique avec une sensualité provocante qui contraste singulièrement avec la ringardise de son accoutrement, dans un flot de paroles et de mots d’esprit ininterrompus. je serai toujours admiratif de la mémoire dont font preuve les comédiens en général, et hall en particulier, cette mémoire combinée à un personnage/jeu complexe (il parle avec un accent allemand, personnage oblige, imite ses différents amants, américains, sa mère, etc.) et de chansons qu’il interprète avec une crédibilité confondante. encore un qui a tous les talents. et moi je l’ai vu sur scène. à un moment, jouant avec le public des premiers rangs, il était même à quelques mètres de nous. dexter était à quelques mètres! (je sais, c’est mon côté midinette.)

la pièce a été créée en 1994 et a fait l’objet d’une adaptation ciné en 2001, avec les deux auteurs, respectivement dans le rôle d’hedwig (cameron mitchell) et du pianiste du groupe (trask). le rôle a été interprété trois fois à broadway: cameron mitchell, lors de la création du spectacle, neil patrick harris et michael c. hall. on peut d’ailleurs se demander si le succès de la pièce ne tient pas plus à ses interprètes qu’à son argument représentatif des mal aimés, des rejetés, des laissés-pour-compte que sont souvent les transgenres.

si vous êtes dans les parages, et j’en connais au moins une qui le sera, précipitez-vous au belasco theater, 111 w. 44th st, entre la 6e et broadway, les files sont longues! vous pouvez être très bien placé pour $90.-. michael c. hall y sera jusqu’au 19 janvier, après quoi le rôle sera repris par son auteur.