youn sun nah à onex

c’était les 3 et 4 octobre 2017, dans le cadre des spectacles onésiens. figure désormais incontournable du jazz vocal contemporain, l’artiste sud-coréenne était…

… invitée, pour la deuxième fois, après 2014, à se produire dans la commune jouxtant genève. pour l’occasion, elle avait choisi des morceaux de son dernier album – she moves on, sorti cette année, mais pas seulement…

cette petite femme a la voix de son physique. elle arrive toute menue devant le micro, les yeux en fente de tirelire, tellement elle semble heureuse d’être là, et annonce un magistral “bonsoir” d’une voix qu’on entend à peine tant sa propriétaire semble timide et délicate. une légère rumeur se répand parmi le public. audiblement, les spectateurs sont déjà conquis car cette rumeur était celle d’un sourire à la fois surpris, amusé et attendri. puis la jeune femme, qui parle dans un français parfait (elle a longtemps partagé son temps entre séoul et paris), annonce le titre du premier morceau. on ne l’entend quasiment pas. n’importe, on ne connaît pas sa discographie (qui comporte tout de même 9 albums depuis 2001). puis le concert commence. je ne sais plus qui du guitariste ou du pianiste attaque le premier. n’importe, on n’a d’yeux que pour elle et d’oreilles que pour sa voix chantée, qu’on a déjà entendue à la télé et qui ne ressemble pas du tout à sa voix parlée.

et le spectaculaire se produit.

cette femme si douce a la voix d’une lionne, surfant sur les aigus, maîtrisant les graves, modulant certaines notes d’émotion, se lançant dans un sca qu’ella fitzgerald n’eût pas renié. une énergie folle et une présence vocale incroyable qui se trouvent démenties sitôt le morceau fini et qu’elle reprend la parole pour annoncer le titre suivant de sa voix super-fluette. le contraste est quasi schizophrénique.

à 48 ans, youn sun nah, que l’on devrait écrire en réalité nah youn sun, nah étant son nom de famille et les patronymes s’écrivant devant les prénoms en coréen, s’est taillé une réputation internationale entièrement méritée. elle chante principalement en anglais mais interprète également des chansons en français, comme ce avec le temps de léo ferré, ce monument beau à pleurer du répertoire français, qu’elle chantera avec son pianiste en troisième rappel, non sans avoir déclaré: “merci de nous avoir rappelés!” avec ce sourire communicatif au charme fou et à l’humilité rare.

grand, grand moment…

et pour vous montrer l’étendue de son talent, ci-dessous un extrait d’un concert solo qu’elle a donné en corée…

enjoy!

photos sull yull nah et jacques revon