mai 13

la donna del lago


La donna del lago
mélodrame en deux actes de gioacchino rossini, livret d'andrea leone tottola, d'après le poème narratif de sir walter scott "the lady of the lake". créé à naples le 24 septembre 1819 au teatro san carlo. du 5 au 17 mai 2010 au grand théâtre de genève à 20h. durée 2h50 avec entracte.

l'avis
j'ai presque honte d'avouer que je n'ai pas compris grand-chose à l'argument, à part que la fameuse dame du lac, c'est une jeune fille du nom d'elena, qui vit dans son monde afin de s'évader de la guerre civile qui menace son village, et aussi de l'âge adulte qui approche à grands pas. elle cherche l'amour…

et le trouve mais elle est promise à un autre qui devient jaloux mais finalement ça se termine bien. bref, pas fondamentalement passionnant. si rossini m'a déjà autrement impressionné avec des oeuvres comme le barbier de séville ou guillaume tell, sa dame du lac ne m'a pas convaincu, d'autant que la transposition scénographique ne lui rendait pas, à mon sens, justice…

en revanche, l'interprétation des chanteurs était proprement stupéfiante! ou, pour être plus précis, les chanteurs ont interprété avec maîtrise et panache une partition de ouf. la mezzo américaine joyce didonato (elena), le ténor luciano botelho (le roi giacomo) le ténor gregory kunde (le héros rodrigo) et la mezzo mariselle martinez (malcom) ont surpris un public pourtant réputé exigeant par leur incroyable technique et ont surmonté avec brio d'innombrables passages hallucinants de difficulté. des rôles extrêmement physiques qui ne souffrent aucune demi-mesure, aucune hésitation, aucune fausse note. vous imaginez l'air de la reine de la nuit dans la flûte enchantée? dans la dame du lac, c'est toutes les cinq minutes., même si les airs sont loin d'être aussi connus. cela dit, mezzo et ténors doivent rivaliser de virtuosité et posséder une tessiture très étendue mais également une technique à toute épreuve pour accomplir des sauts d'une octave, quasiment à l'intérieur d'une même double-croche!

totalement convaincante par la très haute qualité des artistes, cette production, qui faisait également la part belle au choeur et au ballet (jusqu'à 70 personnages en même temps sur scène), est la preuve que le grand théâtre de genève est parfaitement capable de rivaliser avec les grandes scènes lyriques européennes.