ah, la poésie des vestiaires…

 èh, èh, t’as vu? j’ai séché, hein? tu trouves pas que j’ai séché?
– ouais t’es bien. mais moi je sature avec cette salle, putain, ras-le-bol!

 ah ouais, putain, combien de temps qu’on vient? 3 ans? 3 ans qu’on vient tout le temps, moi aussi je sature. l’an dernier j’étais pas venu pendant 5 mois ici!! èh, tu t’rappelles? 5-mois!!

– faut retourner à lausanne, putain!

 ouais, ben moi c’est ce que je fais tous les ans, 4 mois avant l’été, je me fais l’entraînement avec l’autre, là, comment qu’il s’appelle déjà?

– …

 èh, èh, tu sais combien il soulève en développé-couché?

 

 èh, moi j’arrive à 180 kilos, hein, eh ben lui, t’sais combien il soulève?

 

 deux-cent-qua-rante-ki-los! j’te jure, c’est un maaaaalade, c’mec!

 il est quoi, déjà?

 marocain…

 

 èh, èh, vive le couscous, hein?!?

entendu hier soir dans les vestiaires de mon fitness, entre deux musculoïdes… outre l’intelligence, deux éléments essentiels manquent à cette (très fidèle) retranscription, et c’est très dommage car ils sont toujours utiles pour bien s’imprégner de la profondeur de tels propos: les odeurs, avant et après la douche (on n’a pas encore inventé l’écriture en odorama, et quelque part c’est tant mieux!), et les bruits. savourez le pouët (à peine) discret du pied dans la claquette avant la douche… entendez-vous ce reniflement qui part de très loin (c’est plus viril, apparemment)? laissez-vous étourdir par le claquement de l’élastique du slip (un grand classique au moment du rhabillage de la bête). je serais humoriste, j’aurais un sketch tout prêt. le monde change, les vestiaires restent…