genève-paris: 4h30… en avion

prendre l'avion, depuis genève, pour paris est devenu, je ne sais pas, une espèce de micro-calvaire, une sorte d'aller simple pour l'enfer, un mini-cauchemar avec vous tout éveillé au beau milieu. d'autant plus si, comme c'était mon cas lors de mon récent voyage, vous avez le malheur d'avoir une valise à enregistrer.  ..

j'arrive minimum une heure avant le décollage prévu à 10h25. soit 9h15. le parcours du combattant commence au moment où je me présente au guichet. queue. j'enregistre ladite valtouse (en lui disant au revoir au passage car je ne sais pas dans quel état je vais la retrouver… si je la retrouve un jour). puis je me dirige vers le contrôle. 9h30. queue. en même temps, c'est le seul endroit où faire la queue se révèle plutôt utile car on a tout le temps d'enlever sa veste (là où il y a le téléphone portable), de retirer sa ceinture (celle qui sonne au portique), d'ôter, allez savoir pourquoi, l'ordinateur portable du sac (qui était si bien rangé entre deux livres, trois magazines, tous vos chargeurs – téléphone, console de jeu, appareil photo et nano – et des adaptateurs). remarquez, à genève, ils sont plutôt cool, ils ne vous obligent pas à retirer vos chaussures (ce qu'on répugne toujours à faire en fin de journée). sauf bien sûr si vous embarquez pour les états-unis. surtout depuis l'attentat manqué du vol amsterdam-détroit le 26 décembre dernier. ils sont (re)devenus impitoyables, poussant les mesures de sécurité jusqu'à la palpation, de sorte que le dernier à embarquer des 550 passagers d'un a380 attend en moyenne 2h30 avant d'embarquer, à raison de 3 minutes par passager. et ça, c'est s'il n'y a aucun problème.

mais revenons à notre vol genève-paris. 9h40. j'ai réussi à passer le contrôle des bagages sans attirer l'attention (et pour cause, je n'ai rien à me reprocher, même si tout le monde est toujours suspect par défaut dans ce genre d'endroit) et, le temps de tout remettre en place, j'arrive enfin – 9h50 – à la porte d'embarquement, 5 minutes avant l'heure annoncée de l'embarquement. qui n'aura pas lieu à 9h55 puisque l'hôtesse n'arrive qu'au bout d'un bon quart d'heure. mais, au lieu de prendre son micro pour appeler les premiers passagers, elle s'installe tranquillement derrière un écran et se met à tapoter, les yeux rivés sur son clavier, les levant brièvement de temps à autre pour regarder l'écran. je me dis qu'elle doit faire un solitaire ou répondre au mails de ses copines. 10h15. pourquoi l'attente est-elle si longue? l'hôtesse n'a encore rien annoncé que tout le monde est déjà debout, dans les starting-blocks, devant le comptoir, prêts pour certains à piétiner les autres pour être les premiers, d'autres résolument assis à lire, adeptes agaçants du 'on arrivera quand on arrivera'. alors comme j'étais là quasiment le premier, je me dis, comme tout le monde, que je ferais mieux de me lever aussi et de me m'approcher du comptoir, histoire de ne pas me faire griller la politesse par ceux qui sont arrivés les derniers et qui n'en ont strictement rien à foutre de vous (politesse? quelle politesse?).

la réponse à la question susposée – pourquoi l'attente est-elle si longue? – vient à 10h20 – 5 minutes avant le décollage annoncé (et qui n'aura pas lieu à cette heure-là, tout le monde l'aura compris depuis longtemps): bon sang mais c'est bien sûr, les passagers du vol d'avant, en provenance de paris et qui a donc du retard, n'avaient pas encore débarqué!

finalement on embarque – 10h35 – je suis parmi les premiers à entrer dans l'avion, m'adjugeant une place au tout premier rang pour une sortie rapide après l'atterrissage. je m'assieds, non sans avoir pris mon bouquin (regarder le paroi devant soi, ce n'est intéressant qu'une demi-seconde). tout le monde est enfin assis – 10h45 – et la litanie sécuritaire commence. je tente de me concentrer sur ma lecture – mesdamesetmessieursbonjouretmercid'avoir choisi… blabla… lesceinturessebouclentcommecilesportesd'accès sontsituéesparlà… blabla… impossible de comprendre une ligne de ce que je lis. j'attends donc que cela se termine. nousvoussouhaitonsunagréablevoyage. ah enfin, je reprends mon livre… goudmorninnglédizènndgentleumèn ouelcomeuborde… eh merde… nous vous prions d'excuser les quelques minutes de retard… quelques? 35 sur l'horaire prévu, pour l'instant, j'ai compté. et l'avion ne roule pas encore. le coucou se met – enfin – en branle et décolle – enfin – à 11h05. en 2 heures et 5 minutes, j'aurai quand même parcouru 3 kilomètres… à vol d'oiseau.

11h55. atterrissage à paris orly sud. je sors vite. mais ça ne sert à rien car il me faut récupérer ma valdingue. j'arrive à l'endroit prévu à cet effet. un écran annonce "genève – bagages distribués à 12h05". je regarde ma montre: 12h pile! cool, ça ne prendra pas trop longtemps. deux minutes plus tard, pour tromper l'ennui, je relève les yeux pour regarder l'écran: "bagages distribués à 12h10". il doit y avoir un mec qui m'observe MOI et joue avec mes nerfs, c'est pas possible autrement. ma valoche arrive enfin. les deux languettes de la fermeture éclair sont tordues et l'une est cassée (je ne m'en apercevrai bien sûr que beaucoup plus tard). 12h20. je sors prestement de l'aéroport pour me diriger vers le loueur de voiture. à 50 mètres dudit loueur, j'avise un mec d'une soixantaine d'années marchant à 15 mètres de moi dans la même direction. un coup d'oeil au loueur: personne. deux choix s'offrent à moi: je cours et passe devant le gars, au risque de passer pour un pourri, ou je laisse le mec entrer avant moi. 12h30. j'opte pour la seconde solution, qui me coûtera 20 minutes d'attente supplémentaires. désirez-vousuneassurancetousrisques pourlamodiquesommede15eurosparjour? euhouipourquoipasahavez vousunréhausseurpourlegamin? bref, il faut savoir que louer une voiture n'est JAMAIS rapide.

je pars donc d'orly, en nage (en nage de partir, donc) car le baraquement étant frappé par le soleil du matin, il faisait une chaleur de sauna chez ce loueur, au volant de la voiture de location, à 12h55. cela ne fait jamais que 4 heures que je suis parti de chez moi. si je n'avais pas loué de voiture, j'aurais dû prendre le RER qui m'aurait transporté au centre de paris en 35 minutes. total, je serais arrivé à 13h30, soit 4h30 après mon départ de genève et 40 minutes de plus qu'avec un tgv, qui lui vous dépose à la gare de lyon, à 2 minutes de votre hôtel.

à celles et ceux qui auraient encore des doutes sur la pertinence du tgv par rapport à l'avion pour se rendre à paris, je conseille donc de relire ce qui précède. ou, mieux, de faire eux-mêmes l'expérience.

alors j'en entends déjà certains me demander: "mais pourquoi t'as pas pris le tgv?" mais j'l'aurais fait s'ils avaient eu une voiture de location disponible à la gare de lyon. aux petits malins (qui vous sortent 9 fois sur 10 leur morale à 20 centimes d'euro) qui vont me dire "tu vas quand même pas te plaindre de prendre l'avion, il y en a, en afrique, qui n'ont même pas de quoi bouffer!!", je n'entrerai même pas en matière. ou alors pour leur rétorquer des propos… censurés. et puis il y a ceux, plus pragmatiques, qui vont parler d'un argument non négligeable, le nerf de la guerre, la massue qui ramène à la raison et clôt toute discussion: le prix. convenons-en, l'avion est moins cher, surtout si l'on s'y prend suffisamment à l'avance. c'est le seul, et il est parfois de taille, qui milite en faveur de l'avion.

tout ça pour dire ceci: si vous avez des bagages à enregistrer, que vous allez à paris plus d'une journée, que vous voulez travailler, lire, écouter de la musique ou regarder un film, évitez l'avion de genève à paris (et vice-versa), le tgv est plus rapide, mais surtout plus pratique et plus confortable. mais vous l'aviez déjà compris, non?