juillet 01

le mandarin merveilleux / le château de barbe-bleue

Mandarin_merveilleux

 

 

 

 

 

 

pantomime avec choeur / opéra en un acte de béla bartók, direction musicale thomas rösner, chorégraphie kader belarbi (mandarin), mise en scène denis marleau/stéphanie jasmin (barbe-bleue), avec laszlo polgar (barbe-bleue), petra lang (judith). grand théâtre de genève, les 20, 22, 26, 28, 30 juin 2007 à 20h, et le 24 à 17h. 130′ avec 20′ d’entracte. http://www.geneveopera.ch

les arguments
le mandarin merveilleux – un mandarin aguiché par une jeune fille se fait voler et battre à mort par des voyous… mais son agonie n’éteint guère son désir. le château de barbe-bleue – la dernière femme de barbe-bleue ouvre une à une toutes les portes du château de son époux, comme pour connaître les moindres recoins de son âme et ses secrets les plus cachés…

l’avis
je ne possède pas toutes les clés pour décrypter le langage de la danse contemporaine ni la culture pour en comprendre toutes les chorégraphies, mais en général j’aime ce que je vois. et là, je dois dire que j’ai adoré. le pire, c’est que je ne saurais dire pourquoi, en tout cas pas en termes de spécialiste. un petit bémol cependant: même si les danseurs étaient très beaux et impressionnants de maîtrise, le manque de coordination dans la chorégraphie était flagrant et dérangeant. à ce niveau, on s’attendrait à des ballets « à l’américaine » où tous les danseurs sont synchronisés au millimètre. cela dit, en l’occurrence, si les costumes et la chorégraphie m’ont paru par moments originaux et audacieux, cette pantomime a provoqué en moi une émotion à laquelle la musique très cinématographique de bartók n’était de loin pas étrangère. c’était tellement bon que c’était trop court (45′).

je ne pourrais en dire autant du château de barbe-bleue. pourtant, tout était réuni pour créer l’émotion: le regard tout à fait moderne porté sur le conte de charles perrault, le décor très
ingénieux, tant dans la conception (un château stylisé en verre translucide, tournant et escamotable dans la scène) que dans l’éclairage (illustrant le contenu de chaque pièce qu’ouvre judith), le livret dépouillé signé par le poète symboliste béla balázs, la mise en scène sobre et la distribution de qualité. rien n’y a fait. cette oeuvre n’a suscité en moi qu’un intérêt intellectuel (l’allusion allégorique des portes fermées et l’action toute psychologique). et je le déplorerais (car en matière d’art, quel qu’il soit, je suis toujours à la recherche de l’émotion) si la curiosité n’avait été amplement satisfaite. et c’est déjà pas mal…

béla bartók
né le 25 mars 1881 à nagyszentmiklos en hongrie (aujourd’hui sânnicolau mare, roumanie), bartók béla (selon l’usage en hongrois) est décédé le 26 septembre 1945 à new york des suites d’une leucémie. compositeur, pianiste et collectionneur de musique folklorique d’europe de l’est, il est l’un des fondateurs de l’ethnomusicologie. sensible aux idéaux nationalistes, il déclarera: « il y a eu également un autre facteur, qui a eu une influence décisive sur mon développement. à cette époque (1902-1903) prenait naissance en hongrie le bien connu courant national, qui a pénétré également dans le domaine de l’art. on disait qu’il fallait créer, en musique également, quelque chose de spécifiquement national. ce courant m’a déterminé, moi aussi, à tourner mon attention vers l’étude de notre musique populaire, ou plutôt vers celle qui était alors considérée comme la musique populaire magyare. » il a écrit quantité de pièces pour piano seul dont les fameux et tristissimes (à mon sens) mikrokosmos (1926-1939), de la musique de chambre ou orchestrale, un opéra (le château de barbe-bleue), deux ballets (le mandarin merveilleux et le prince de bois) et une cantate (la cantata profana).