juin 14

rodin à gianadda

318-rodinerotique

c'était aujourd'hui le dernier jour. l'exposition s'appelait rodin érotique et elle était organisée par le musée rodin à paris. rodin, françois-auguste-rené de ses prénoms, tout le monde connaît: la porte de l'enfer (1880), dont est extrait le penseur, les bourgeois de calais (1889), le baiser (1889), depardieu et adjani au cinéma (dans camille claudel, en 1988, lol)… mais sait-on qu'il était aussi un vieux monsieur un tantinet libidineux qui mena une existence aisée après avoir, sur le tard il est vrai et de son vivant s'il vous plaît, acquis notoriété et reconnaissance? l'auguste artiste passera donc, dès 1906 (il avait 66 ans), les années qui lui restent à vivre (11) à dessiner plus qu'à sculpter. bon, libidineux, j'exagère. quoique. surtout que tout le monde s'extasie devant les dessins du maître, tous les mêmes ou presque (femmes allongées, jambes écartées, une main sur le sexe… ou pas). non, j'exagère. quoique. il y a quand même des dessins de croupes (en d'autres termes des fesses appartenant à des femmes à quatre pattes) sobrement intitulés "croupes", certaines allongées, d'autres écartées, d'autres encore… on ne sait pas trop tant le tracé est vague. il y en a un nommé "le vent". on se dit, après avoir vu des couples saphiques s'ébattre sous des noms mythologiques, que ce doit être une référence classique qui nous échappe. mais on ne peut s'empêcher de penser, le sourire aux lèvres, qu'elle a dû sentir bon, cette séance de pose. bon, j'ai l'air de me moquer mais j'ai quand même apprécié. quoique. car ils sont des centaines à l'avoir fait, et mieux, avant lui. et même s'il déclara que ses dessins étaient la clé de voûte de son oeuvre, on peine à y voir autre chose que le "sursaut sensuel" d'un homme vieillissant. à part ça, les quelques sculptures exposées – mains d'amants, iris messagère des dieux ou je suis belle, entre autres – étaient mille fois plus bouleversantes, car fournissant à nos yeux ébaubis toute l'émotion d'un sentiment ou la magie d'un instant. rien que pour ces sculptures-là, l'expo valait la peine d'être vue.